Etude des effets de la venlafaxine sur Mytilus galloprovincialis par une approche métabolomique

Résumé : La problématique des contaminants émergents fait l'objet d'une considération croissante depuis leur mise en évidence dans l'environnement grâce aux avancées techniques. Parmi ces contaminants, les produits pharmaceutiques sont continuellement rejetés dans l’environnement au travers des stations d'épuration du fait de leur consommation (Santos et al., 2010). La venlafaxine (VEN) est un antidépresseur utilisé pour soigner la dépression et divers troubles de l'anxiété (Noordam et al., 2015). Son mode d'action (MoA) thérapeutique la modulation de la neurotransmission du cerveau humain en bloquant les transporteurs de sérotonine et noradrénaline sur les neurones présynaptiques pour augmenter leur disponibilité (Nelson, 2010). Bien que peu détectée dans l'eau de mer (Alygizakis et al., 2016), la VEN a pu être quantifiée à des concentrations comprises entre 3,0 ng/g (Martínez Bueno et al., 2014) et 36,1 ng/g dans des mollusques collectés sur les côtes européennes avec un taux de détection de 100% (Alvarez-Muñoz et al., 2015a; Álvarez-Muñoz et al., 2015b). La présence de résidus de VEN dans des mollusques marins pose la question de ses effets chez ces organismes même à de faibles doses d’exposition. Il a été montré que la VEN pouvait avoir un impact sur la reproduction (Galus et al., 2013), le comportement de prédation (Bidel et al., 2016 ; Bisesi et al., 2014 ; Painter et al., 2009) et la réponse au stress (Best et al., 2014 ; Ings et al., 2012). L'objectif de cette étude est d'étudier les effets moléculaires de la VEN sur Mytilus galloprovincialis par une approche métabolomique, ce type d’étude ayant déjà démontré son potentiel pour mettre en évidence les effets moléculaires d’une exposition à un xénobiotique (Campillo et al., 2019; Ji et al., 2016). Pour cet objectif, 49 moules ont été acclimatées 7 jours puis 26 ont été exposées pendant 3 jours à 10 µg/L de venlafaxine. Les dissections ont eu lieu à J1 et J3 pour prélever les glandes digestives et l’analyse a été réalisée par LC-HRMS pour générer des empreintes métaboliques à comparer entre contrôles et exposés. Après tri des données, 1336 signaux ont été détectés en mode négatif, dont 451 sont sur-modulés et 309 sous-modulés lorsqu'on compare les exposés aux contrôles sur les deux jours. La sérotonine ainsi que la dopamine ont été annotées, ce qui permet de supposer que le MoA de la VEN chez la moule est semblable à celui chez l’Homme. Il semblerait donc qu'une exposition à la VEN ait un effet sur le métabolome de Mytilus galloprovincialis, malgré la courte période d'exposition. Il convient maintenant de définir plus précisément l’identité des métabolites modulés pour mettre en avant les principales voies métaboliques impactées et ainsi émettre des hypothèses sur les fonctions biologiques pouvant être perturbées par une exposition.
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Contributeur : Gaëlle Ramirez <>
Soumis le : jeudi 12 décembre 2019 - 11:26:24
Dernière modification le : mardi 17 décembre 2019 - 02:25:36

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Gaëlle Ramirez, Thibaut Dumas, Elena Gomez, Hélène Fenet, Frédérique Courant. Etude des effets de la venlafaxine sur Mytilus galloprovincialis par une approche métabolomique. Colloque 2019 de la SEFA, Jun 2019, Lyon, France. ⟨hal-02406772⟩

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